Syrah
Présentation de la Syrah, cépage omniprésent dans la Vallée du Rhône septentrionales.

Ce cépage, anecdotique en surface (3%), lorsqu'il est issu d'Hermitage, de Côte-Rôtie ou de toute autre bonne localisation des Côtes du Rhône septentrionales, traite d'égal à égal avec les plus grands de Bourgogne et de Bordeaux.
En Australie (1/3 de l'encépagement), la Syrah produit souvent du vin juste digne du litron plastique. Quelques cuvées australiennes sont toutefois parfois remarquables.
Elle a tendance à trop produire et en climat froid à « couler » (grains avortés) mais elle est facile à travailler. Le problème est qu'il faut savoir la guider, la surveiller, la brider de main de maître. Facile à vinifier, c'est la nécessité d'un artiste vigneron. On lui a trouvé de lointaines origines (Chiràz en Perse). Le plus probable est qu'elle soit un cépage local : de son allobrogie natale, elle essaime vers l'Ardèche, la Drôme, la Provence, le Languedoc-Roussillon, les Corbières et même Gaillac.
A faible rendement, sur terroirs idoines et privilégiés : c'est la grande classe : tabac, réglisse, fourrure, musc, églantine, truffe, humus, cassis, brûlé, fumé, goudron, épices variées, moka, chocolat, venaison, violette, cerise, framboise, profondeur et velouté des tanins. L'excès de soleil semble exalter son degré alcoolique et gommer, « calciner » ses arômes.
Un grand vin de Syrah échappe à l'entendement d'un amateur de Bordeaux : cela vous parle de suite au gosier et au coeur ! Les plus sectaires s'en tirent par une pirouette : après trente ou quarante ans on les confond avec les grands crus !
Par Alain Lyphout, oenologue